Avril (Part II)

AVRIL partie II

L'Art de ne rien faire, juste ce qui nous plait.

 

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19 Avril 2017 | Les bâches, ça mange les poneys jaunes!

 

Le temps préalablement annoncé variait entre de la neige, de la pluie, beaucoup de vent, du soleil, le tout aux alentours de quelques huit degrés Celsius en milieu de journée. Je me lève à sept heure ce matin. Je dois préparer mon sac, m'occuper du hamster, m'habiller et déguerpir. J'arrive à dix heures moins le quart et m'arrête rapidement au parc où les juments attendent à la porte. Elles hennissent, ronflent et me suivent du regard quand je repars. Je n'oublie pas de préciser que je reviendrai dans quelques minutes. Guillaume est au chalet lorsque je déballe mes affaires. Je paie un café à Noël pour le remercier et dès l'instant où il s'en va, nous, on part au parc. Les filles nous attendent. Je caresse Golfite, puis Nina et enfin Tartine. Elle a un air malicieux qui me fait comprendre qu'elle veut jouer. Pour l'instant, je vais pousser les fils pour leur donner un peu plus d'herbe (ce que Golfite comprend de suite, me suivant de très près!) Les deux grosses arrivent, Nina met la tête par terre... Mais Tartine me regarde. Je joue au chat et à la souris avec elle quand elle décide que cela suffit. Je la laisse tranquille.

 

Je pousse mon premier coup de gueule de la journée quand je vois une boite de converse vide et «fraîche» dans le parc. Les gens sont vraiment dégueulasses et n'ont absolument aucun respect pour l'environnement et surtout pour mes juments qui auraient pu marcher dessus et attraper n'importe quelle maladie! Je caresse tout le monde et on rentre. Les ânesses et la ponette sont là, ce qui me fait m'attarder un bon quart d'heure avec elles. Rina me rejoint très rapidement et les autres suivent derrière. Lorsqu'elles comprennent que je cache du pain derrière moi, je les ai perdues, donc je ne me suis pas attardée davantage.

 

 

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L'après-midi, j'avais prévu un très bon planning en carrière avec une séance basée sur l'observation du cheval, plus précisément sur la vision du cheval et son appréhension devant un obstacle quelconque. Finalement il s'est mis à neiger puis à faire extrêmement froid, donc j'ai préféré faire plus soft en prenant une bâche noire, un side-Pull, la longe de travail et direction le parc. Tartine arrive directement vers moi mais comprend facilement quand j'installe la bâche, qu'elle va être mise à l'épreuve. Pour le coup, elle ne cherche pas à se sauver mais sert un peu les fesses (il faut savoir que les bâches, ça mord les poneys jaunes!) Je commence doucement en l'amenant devant la bâche et en la laissant aller d'elle-même dessus. Plusieurs fois elle s'écarte mais elle finit par baisser la tête et sentir ce machin-noir-bizarre-trop-flippant qui, finalement, semble inoffensif! D'après-moi, c'est important de laisser au cheval son autonomie pour gérer des situations de stress, sans le forcer et sans lui demander quoi que soit. Si je l'avais forcée à marcher sur la bâche aux premiers passages, elle se serait braquée et n'aurait plus accepté de coopérer.

 

Cette fois on est bon. J'essaie de l'amener sur un cercle d'abord au pas, puis au trot. On voit les pattes se lever à quinze centimètres au-dessus du sol, mais malgré tout elle marche dessus. Je félicite beaucoup et lui laisse un peu de liberté de mouvement avant de la remettre sur un cercle, au trot. Là encore elle lève fort les sabots mais après plusieurs passages, soit elle se fatigue, soit elle comprend que ça ne sert pas à grand chose et passe normalement. Une jument très courageuse qui regarde davantage les copines que ce qui semble lui faire peur (rire.) Je la travaille un peu en longe sur un cercle aux deux mains aux trois allures, la laisse brouter quelques minutes et je finis par prendre deux grands rondins de bois pour les mettre sur la bâche. Cela fera office de barres au sol. Ce n'était pas fameux. C'était une difficulté de plus et bien différente desquelles elle aurait pu s'attendre mais elle reste relativement calme et courageuse. Elle est douce et fait ce que je demande sans trop rechigner.

 

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Je termine sur un exercice de mobilisation: reculer, déplacement latéraux etc. Elle est top donc je retire le side, lui fait trois câlins, je lui tourne le dos et la voilà qui part au triple galop à l'autre bout du terrain pour se rouler. J'ai traumatisé mon pauvre cheval! Je repousse le fil pour redonner à manger et je papouille tout le monde. Je retrouve cinq tiques sur Tartine, deux sur Nina et un sur Golfite. Je sais ce qu'il me reste à faire demain...

 

En rentrant, je croise les ânesses qui sont couchées. Comme il fait froid Guillaume rentre mais je reste pour aller les papouiller. Seule Lionne reste couchée et on s'est endormies une vingtaine de minutes. Elle se lève ensuite et me fait énormément de câlins, pose sa tête sur moi, se frotte, cherche à se coucher sur moi (mais non non!!) Le vent de Sibérie revient de plus belle, je prends froid, donc je rentre et termine ma journée sur cette belle note. Toujours pas de photo de ce genre de moment, mais comme j'aime le dire c'est un moment intime et personnel.

 

 

20 Avril 2017 | Pause lecture, câlins, encapuchonnement naturel !

 

Ce matin je me lève tôt parce que je sais qu'on a du boulot. Comme je ne veux pas perdre de temps, je me remémore tout ce qu'il y a à faire, en faisant le petit déjeuner: Aller chercher les juments et les amener à la carrière avant de les mettre au parc de l'église. De là mettre le post électrique, mettre l'eau et la pierre à sel. Et ensuite on avise... Tout le petit monde fini par se lever, on mange et Élisa et moi allons chercher les dinosaures. Elles sont venues à nous très rapidement. Élisa s'est occupée de les tenir pendant que j'éteignais et débranchais le post. Pour aller à la carrière, on doit prendre la départementale et traverser le village. Je laisse Nina à Élisa tandis que je m'occupe des autres. Golfite a un bon train, mais elle respecte bien mon épaule. Je dois solliciter Tartine à plusieurs reprises pour qu'elle avance et qu'elle arrête de se traîner derrière la vieille (Comme c'est la trentenaire qui «domine» la Blonde... je ne vous fais pas de dessin!) A l'entrée du village, on croise Teddy et Guillaume qui nous informent gentiment que les plans sont changés: Le Maire a mis son entier (Bandito) au milieu du village, donc impossible de passer pour aller en carrière ou partout derrière! Du coup, on se rabat directement sur le parc de l'église qui nous accueille chaleureusement, avec une belle herbe et un peu de soleil. Je lâche tout le monde et j'attends patiemment les garçons pour les aider à faire le reste. 250L d'eau, le post électrique à porter, brancher et cacher et la pierre à sel à installer non loin du bac d'eau. L'humeur n'étant pas au beau fixe, je choisi de remonter à pied et Guillaume me suit. On rentre, on fait à manger et on fait notre pause de midi !

 

 

En début d'après-midi, je suis tiraillée entre deux idées : Aller en carrière pour faire ce que j'avais prévu et prendre le risque que l'étalon sorte de son parc pour se bagarrer avec Tartine, ou bien aller au parc et passer un après-midi au soleil, sur une couverture, dans le plus grand calme... J'opte pour la seconde solution (la plus raisonnable pour tout le monde) et Élisa m’accompagne. Je prépare donc tout ce dont j'ai besoin, autrement dit un sac avec une bouteille d'eau, quelques gâteaux, une couverture, deux pulls (il fait encore froid et le vent de Sibérie n'aide pas), un cure-pied, la brosse «de mue», un livre et mon téléphone, on ne sait jamais ce qu'il peut arriver.

 

Quand j'arrive, les juments m'attendent de pied ferme mais remettent tout aussi rapidement la tête parterre. Ceci me permettant d'installer mon petit campement pour me prélasser au soleil (plutôt pour observer les juments et bouquiner). Seulement, Elisa parle beaucoup, gigote, marche, danse et ce n'est pas du tout ce que je voulais. J'essaie de lui expliquer qu'aujourd'hui, on fait soft (encore) et qu'on est là pour passer un moment de calme et de détente avec les filles. Elle n'en a rien à faire, et tente en vain de se mettre dans ses livres. Au bout de deux heures, je la sens qui n'en peut plus, elle doit faire quelque chose, elle s'ennuie à mourir. Je lui propose d'aider les juments à la mue pendant que moi, je m'occupe des pieds.

 

C'est à ce moment là précisément que je me rends compte à quel point Nina et Tartine se battent en duel de façon permanente pour reporter l'attention sur elles. Quand je suis avec l'une, c'est l'autre qui insiste et n'hésite pas à franchement nous bousculer et vis-versa. Du coup, j'ai passé pas moins de trois quarts d'heure à gratter le ventre et les mamelles de Nina, à faire des bisous et des câlins à Tartine!! J'adore ces moments-là qui nous sont privilégiés. J'en ai aussi profité pour observer chacune d'elles pour repérer de nouveaux comportements, de nouvelles habitudes, mais j'ai surtout vu que les trois se grattaient le cul aux arbres... Alors que j'ai déjà vermifugé !

 

 

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Vers seize heure trente, je décide de rentrer pour voir ce que font les garçons. Guillaume est autour de sa moto accompagné d'un copain, de Teddy et du père. Je discute un peu avec le père qui me sort légèrement de mes gonds et me faisant comprendre que ma façon de voir et d'aborder le cheval était vraiment misérable. Ce fameux «papa» est un compétiteur et a fait de son fils un cavalier de concours renommé puisqu'il a fait trois fois les Championnats de France où, à priori, il aurait eu de très bonnes places. Pour ma part, j'aime mes juments, je n'aime pas les concours ni les clubs et je le vis parfaitement bien (merci papa du copain de Guillaume pour les conseils de croise papatte en longues-rênes, mais n'y voyant actuellement aucun intérêt, je passerai au-dessus).

 

 

En tout fin de journée, vers dix-huit heure, je vais voir Rina, Lionne, Artifice et Hypocras. Je leur fais tout plein de câlins et je vais m'installer dans le champ. Hypo' est la plus jeune, la plus joueuse et la plus sournoise. Autrement dit, en faisant mine de poser sa tête contre moi, elle a attrapé la ficelle de mon Eleven Paris et l'a tiré jusqu'à le retirer complètement... Ce sera tout pour moi (rire). Ensuite, c'est Rina qui vient me voir. Elle n'a pas cessé de me lécher le visage, la tête et le cou. Je serais curieuse de savoir le pourquoi du comment étant donné qu'elle a une pierre à sel à lécher en cas de besoin. En la caressant, je remarque deux points faibles : L'épaule et l'ars du poitrail. Cela lui faisait tellement de bien qu'elle s'encapuchonnait et bavait*. Du coup j'ai quand même arrêté. Je suppose que la bave vient du fait qu'en s'encapuchonnant de la sorte, elle ne pouvait plus ni trop respirer ni déglutir. Et puis on a jouer un petit peu. C'est une ponette très volontaire et très souple, donc en a fait la révérence aussi facilement qu'en claquant des doigts. Elle est top !! C'était sans compter sur les ânesses, très jalouses, qui sont venues nous titiller pour nous demander de l'attention. Ds câlins, des bisous, et v'là que je te mord parce que c'est moi qui doit être caressée, et v'là que je te met un postérieur dans le nez parce que t'as pas à avoir de câlins, … De vraies ânesses, jalouses, curieuses, caractérielles et téméraires entres elles. Un moment donné je me suis fâchée, parce que Rina, comme d'habitude, a fini en arrière-plan. Au bout d'une bonne heure, Guillaume Elisa et moi décidons de rentrer. Nico (le propriétaire des louloutes) vient nous dire bonjour et constater à quel point ses filles dépoilent. On a discutaillé un moment avant de rentrer manger et finir sur cette belle note.

 

 

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21 Avril 2017 | L'insolation ou la désolation de pas pouvoir tout faire...

 

Ce matin, c'est Guillaume qui vient avec moi pour rendre visite aux dinosaures. Guillaume est tellement sympa qu'il adore prendre des photos, donc j'ai un maximum de moments capturés (et ça c'est chouette). Donc à huit heure on va au parc de l'église à pied, les juments nous attendent. Je constate que l'herbe a disparu, de vraies tondeuses ! C'est Nina qui vient me voir en premier secondée par Golfite (oui oui!) Forcément Nina me demande de lui gratter les mamelles mais c'est sur Golfite que je m'attarde. C'est encore assez rare qu'elle vienne d'elle-même nous voir, du coup j'en profite. Je n'aime pas aller déranger les chevaux quand ils veulent être tranquilles, je les laisse venir d'eux-mêmes quand ça les intéresse. Donc, je masse la nuque de la vieille quand elle décide, après quelques minutes que ça suffit comme ça. Je fais le tour des crottins, je suis les juments et Florian, un voisin, vient à ma rencontre. Pendant qu'on discute Golfite revient et là, c'est l'extase pour elle comme pour moi. Elle s'endort légèrement sous mes massages, se déplace sous mes doigts pour choisir le point qu'elle veut détendre et fait le chameau quand je la gratte à la base de l'épaule. Un pur moment de bonheur comme je les aime et comme j'en ai rarement avec ma Garffy! Je prends un temps pour Nina pour lui gratter les mamelles, encore et toujours, elle aime ça, ça la détend un maximum et j'adore voir sa tête quand elle cherche à toucher les étoiles.

 

On revient au chalet et Guillaume veut retourner voir Rina et les ânes. Pendant que je vais chercher jesaisplusquoi, Guillaume attire la foule! Je le rejoins. C'est Rina qui vient me voir la première mais cette fois, je refuse qu'elle me lèche, j'en ai eu assez comme ça. Du coup, elle a laissé la place à Lionne qui m'a bousculé, je n'ai pas aimé, elle s'est vexée. Hypocras a presque essayé de venir mais je n'avais pas envie qu'on empiète sur mon espace personnel. Pas aujourd'hui. Du coup Guillaume a pris la relève, il est monté dans l'arbre et Rina, curieuse comme tout, est allée le voir. Elle s'est posée en dessous de lui et l'a cherché. Comme l'arbre est «infesté» d'abeilles, Guillaume a sauté comme un fou mais Rina n'a pas bougé une oreille. J'ai essayé une acrobatie pour la photo et puis on est rentré.

 

 

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En début d'après-midi, Guillaume me demande de négocier pour que son père accepte qu'il aille faire de la moto dans le grand parc (et qu'ainsi, je le prenne en photo!). A quatorze-heure pétante on était tous au parc, Guillaume sur la moto, Elisa dans le tracteur, Teddy qui tond les mauvaises herbes, et moi à la photo. Parce que, quand on a des chevaux, on ne passe pas son temps à jouer et à batifoler, on doit aussi entretenir les parcs. Du coup, avec la «tondeuse-girobroyeur» on s'est tous relayé pour faire chacun une partie du parc. Environ 5000m carré de fait dans l'après-midi ce n'est pas rien, et pourtant ce n'était pas grand chose. Sauf que, j'ai la manie de ne jamais boire et l'insolation m'a assommée. Je suis restée couchée dans le bec-à-ben du tracteur deux heures, à mourir entre un mal de tête atroce, le froid, le chaud, les yeux complètement desséchés... Etant donné qu'Elisa et Guillaume devaient partir vers dix-sept heures, j'ai décidé de prendre le quad et d'aller voir les juments avec Elisa. On leur a fait un rapide bisou et on est vite rentrées. Les garçons sont arrivés presque tout de suite après.

 

 

 

 

22 Avril 2017 | On change de parc !

 

Hier, j'avais prévenu Teddy que le parc de l'église ne ressemblait plus à un terrain de golf, mais pire que ça. Donc au programme de la journée, refaire le Grand Parc (piquets, fils, etc...), ramener les bacs d'eau, faire l'eau, déplacer la pierre à sel et le post électrique. Tôt, on part au grand parc. On s'occupe d'abord de replanter les piquets en style «paddock paradise» tout autour du terrain pour qu'elles mangent d'abord les repoussent de mauvaises herbes et qu'elle piétine le reste, pendant qu'au milieu, l'herbe repousse tranquillement. L'opération des piquets, du fil et des portes nous prend pas moins de deux heures. Ensuite, l'eau. On tente de mettre l'eau dans la vieille baignoire (nous évitant ainsi de déplacer la gamelle inox) mais elle fuit et le bouchon fini par céder sous le poids des 250L d'eau. On recommence avec la deuxième baignoire, mais cette fois on s'attarde dessus. Plus moyen que celle-ci nous pète une énième fois sous le nez. Heureusement, le goutte à goutte ne dure que quelques secondes et la baignoire tient le coup ! Teddy me dépose ensuite à l'église où j'attache les juments et avance le temps qu'il nous rejoigne. Les juments sont douces et calmes, le trajet sera facile. Teddy prend Golfite pendant que je prends les deux grosses. Tout se passe sans encombre, elles avancent d'un bon pas même si Nina ne cherche qu'à mettre la tête parterre au moindre brin d'herbe plus grand que les autres. On les détache et elles attendent. Elles ne comprennent pas tout de suite ce qu'elles font là, et je dois les "forcer" à avancer pour qu'elles daignent bouger. On fait demi-tour et on va chercher le post et la pierre qu'on dépose rapidement. 

 

Le reste de la journée se fait particulièrement calme. Je passe une petite heure avec elles, mais elles m'en veulent : retourner au foin ce n'était vraiment pas dans leur plan. Il faudra faire avec. Je papouille rapidement tout le monde avant de rentrer.

 

 

 

 

23 Avril 2017 | C'est pas comme si c'était rien...

 

Ce matin, je m'en vais seule voir les juments. Sur le chemin, je croise '46, la vachette. Elle m'a suivie tout du long avant de retourner voir ses copines. Pour ma part, quand j'arrive, Tartine me cherche derrière la haie avant de remonter à la porte pour m'apercevoir. Je fais un bisou à chacune avant d'aller nourrir. Elles ne se précipitent pas particulièrement sur le foin (d'ailleurs, c'est Golfite qui fait la tête à ne plus manger d'herbe...) mais faute de mieux, elles sont quand même venues manger. Je me suis assise un moment sur la gamelle en inox quand soudain, Tartine vient me voir, curieuse de ma fameuse chaussure orthopédique. Elle la sent, va même jusqu'à la lécher mais à priori, ça ne lui dit toujours rien, donc à défaut, elle pose sa tête sur mon épaule et attend. C'était sans compter sur la jalousie de Nina qui la fait venir. Elle plaque les oreilles et bouscule un peu la blonde qui s'en va... Je gratte les mamelles et puis je décide de ça suffit, donc je m'en vais. Je suis restée une bonne avec elles à les regarder manger et se battre pour celle qui aura la meilleure portion (Morale de Tartine: c'est toujours meilleur chez les autres).

 

Début d'après-midi, le soleil est à son zénith, il fait plutôt bon et heureusement, pas trop de vent. Je réfléchi à ce que je pourrais faire et comment le faire, quand je repense au grand rectangle de mousse jaune, à la bâche noire... A défaut de ne pas pouvoir travailler en carrière avec une palette (donc un obstacle légèrement surélevé et dur), je me rabat sur un obstacle plus petit, un peu moins haut mais beaucoup plus mou et plus déstabilisant. Je n'aurai qu'à emballer le carré de mousse dans la bâche noire et le tour est joué. Je prends le temps de bien tout préparer, je prends mon temps de choisir entre le side-pull rose ou le side-pull rouge, j'opte pour le premier beaucoup plus souple et moins dur mais je prend les rênes en corde rose, suffisamment longues pour travailler à pied mais pas trop longues pour pouvoir les ranger dans le sac. Je mets l'appareil photo dans sa sacoche et je m'en vais. Quand j'arrive, les filles sont encore au foin. Je respecte leurs heures donc je les laisse manger, en attendant de préparer le matériel. Je cherche à prendre des photos avec l'appareil lorsque soudain «pas de carte»... Évidemment !! Nina vient à moi, je décide donc de la panser un peu et de faire les pieds. Tartine attendant derrière, je la fais aussi. Et voilà qu'elles recommencent à s'affronter pour savoir laquelle aura le plus d'attention. C'est Golfite qui aura finalement toute mon attention puisqu'elle s'est décidée à jouer dans l'eau et la faire éclabousser alors que mon appareil est en dessous... Heureusement je range toujours mon matériel pour le protéger. De fait, je décide de la brosser un maximum pour l'aider à la mue. Je vois qu'elle vieillie parce que maintenant, la mue se fait extrêmement difficile pour elle. Elle se laisse faire complètement, se détend sous le frottement de la brosse mais Golfite (parce que n'est pas Golfite qui veut), elle part d'un pas précipité à l'autre bout du champ. OK.

 

 

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Puisque plus personne ne veut manger, je mets le side-pull à la blonde et l'emmène avec moi. C'est Nina qui la pousse de sa tête pour qu'elle avance (vraiment trop fort!) mais par contre, tout le monde nous suit de très près (on sait jamais!) Je me sens parfaitement à l'aise et détendue, mais aussi profondément concentrée dans mon idée. C'est sûrement ce qui motive Tartine qui me suit d'un bon pas et qui m'écoute (presque) au doigt et à l’œil. Je l'amène doucement près de «l'obstacle» dans l'idée de lui laisser sa totale autonomie et sa propre réflexion pour affronter la situation et ce qui se présente à elle. Je me sentais hyper sûre de moi, suffisamment fière, quand Tartine me fait perdre toute crédibilité. Alors que je la «tiens» à peine en bout de longe (qui traîne par terre et qu'elle manque d'écraser à chaque pas) la voilà qui, d'elle-même, vient sentir la mousse emballée dans la bâche noire. Elle sent, oreilles en avant, elle fait un pas, puis deux, puis trois... Puis elle tape dedans de l'antérieur, le pousse loin et le retourne... Pour manger en dessous !!! Moi qui voulait analyser les réactions de «peur» et de «stress» face à l'obstacle, et bien Tartine s'en fou complètement. Elle me refait le coup de deux fois, je prends donc l'initiative de la faire marcher dessus. Elle passe comme si de rien n'était, se retourne, repousse la mousse et mange dessous... Pour mon étude d'observation, on repassera! Du coup pour voir jusqu'où je peux aller, je sépare la mousse de la bâche, que je mets l'une à côté de l'autre. Elle passe dessus sans problème, malgré une très très très (très) infime appréhension pour la couleur jaune pâle de la mousse. Et elle a encore cherché à manger sous la bâche. Cette fois, je veux aller plus loin. Si la bâche l'intrigue tant que ça, bah je vais lui mettre dessus. Je prends la bâche (derrière elle) violemment et la secoue. Pour réaction il y a jute l'oreille droite qui a pivoté, du style «t'es sûr que ça va, toi ?» J'étais à la fois absolument morte de rire et blasée de voir si peu de réaction de sa part. Donc je lui ai mis la bâche sur elle pis je l'ai fait marcher sur la mousse. Elle s'est arrêtée dessus. J'ai donc fait l'exercice du vas-et-viens en 15pts, au top du top, la bâche sur le dos et la mousse sous les pieds. Ne sachant plus trop quoi faire d'elle j'essaie de la faire reculer dessus. Là, les papattes se sont levées haut, mais c'est tout. Bref, elle s'en fou et elle s'ennuie. Je la fais brouter dix bonnes minutes avant de la remettre dans le couloir du Paddock Paradise.

 

Comme si elles avaient été séparées depuis quinze ans, Golfite henni et rue à côté de nous (elle disjoncte la vieille!). Je détache mais personne ne bouge. Je fais un câlin à Tartine, Nina se joint à nous avant de mordre de nouveau Tartine, puis sans rien comprendre, Golfite se met entre les filles et moi et baisse la tête. Je la masse alors délicatement au niveau de la nuque, de l'encolure et du garrot mais Tartine grappille du terrain, ce qui met Golfite en colère et qui pousse Nina à bousculer tout le monde. Agacée qu'elles se confrontent toujours les unes aux autres, je m'en vais à l'ombre! C'est Golfite qui me suit et se colle à moi. Pour beaucoup ça ne ressemble à rien, pour moi c'est une victoire infiniment grande. Je la masse une bonne quinzaine de minutes, elle ferme les yeux, baisse la tête et vacille. J'ai toujours le side' dans les mains quand elle met son bout du nez dedans et tire dessus vers le fil. Je comprends à ma manière qu'elle veut aussi essayer donc je l'amène près de la mousse, qu'elle enjambe avec les pattes à dix mètres du sol et elle met la tête parterre. Elle veut de l'herbe, elle l'a eu. Je la laisse manger dix minutes avant de la remettre dans le paddock. Cette fois, je vais remettre un peu de foin et je décide de m'en aller. Le soleil me tape sur la tête, je tourne et je n'ai pas encore bu une goutte d'eau de la journée. J'arrive à quinze-heure trente au chalet.

 

Je retourne voir les dinosaures en début de soirée vers dix-huit heure trente. Les juments sont à la porte, à moitié endormies. Je vais donner le foin, vérifier l'eau, quand Tartine et Nina me rejoignent pour manger. Golfite, elle, préfère rester près de la porte. La pauvre vieille ne veut pas de foin, elle boude, donc je lui ai amené devant elle un gros paquet de foin et je me suis assise pas loin pour voir si tout va bien. Elle a repris du poil de la bête, ses côtes sont de moins en moins visibles mais son genoux est raide. Je reste une petite vingtaine de minutes quand j'aperçois Tartine qui se dirige pour aller boire. J'entends « j'ai soif » donc je cris à Tartine de s'arrêter, que j'ai laissé ma veste et mon portable devant la gamelle inox et qu'elle risque de tout tremper en buvant. Elle attend vraiment patiemment que j'arrive, que je retire mes affaires et va boire. C'était sans compter sur Golfite qui, une fois le dos tourné, est partie à l'herbe (du moins ce qu'il en reste). Du coup, j'ai rallumé le post et je suis rentrée. (Bon OK, j'ai fait demi-tour parce que j'avais zappé que j'avais du sucre dans la poche. Du coup les grosses sont montées et Golfite, en les voyant, a henni. Forcément. Là, par contre, je suis rentrée!)

 

 

24 Avril 2017 | Tout pour de l'herbe!

 

Ce matin je me lève super tôt et je cours voir les juments. Toute la nuit j'ai réfléchi (parce que ça m'arrive...) et j'ai décidé de les mettre autour du chalet pour qu'elles tondent un peu l'herbe. Comme tout les matins depuis le début de ce long weekend, je m'arrête quelques minutes pour dire bonjour à (93)46, qui ne cesse de me suivre à chacun de mes passages. Et puis j'arrive au parc où les trois juments sont à la porte. Je prends l'initiative, avant de donner le foin, de nettoyer la «zone du repas» où du foin séché, de la paille, de l'herbe et du crottin sont mélangés. Je passe une demie-heure à faire un tas qui fermentera et servira de semence un peu plus tard. Et puis je nourris. C'est Golfite qui vient, suivi de Tartine en enfin de Nina. Je les regarde manger et boire quelques instants avant de rentrer.

 

Je m'attaque aux piquets et au fil autour du chalet. Il n'y a pas foison d'herbe, mais c'est déjà mieux que rien pour cet après-midi. Vingt minutes plus tard c'est fait. Je prends deux sceaux de vingt-cinq litres et les rempli. Je remettrai de l'eau au fur et à mesure si besoin est.

 

Début d'après-midi, Teddy vient avec moi pour déplacer les grosses. Il prend Golfite, je prends les deux autres. On les met autour du chalet et Teddy s'en va. Dès à présent, je serai seule avec les filles jusqu'à Mercredi soir. Je les laisse manger autour de la maison, avant de prendre Tartine en longe et tenter de la faire monter sur la palette. Elle est regardante et moi aussi, j'ai peur que la palette ne tienne pas. Mon hésitation se ressent dans son comportement mais téméraire, elle met directement les quatre fers dessus. La palette craque, mon stress augmente, elle attend. Je la laisse descendre et essaie une dernière fois, elle est nickel, j'ai l'impression que je n'ai rien à lui apprendre. Elle me regarde façon de dire «c'est ça ton truc? C'est tout?» Ni elle ni moi n'avions vraiment envie de ça. Je la sors du terrain et la fait brouter en bordure de route une quinzaine de minutes avant de la rentrer et de sortir Golfite. Quand je sors la vieille, les deux autres se mettent à galoper dans le terrain et hennir comme si elles étaient séparées par des centaines de kilomètres... On était à trente mètres. Golfite est sympa, elle est de plus en plus douce et je lui rends bien en me détendant un maximum. Je termine avec Nina qui ne calcule plus personne sauf l'herbe qu'elle dévore en un rien de temps! Golfite et Tartine s'énervent, elles trottent, galopent, hennissent sans arrêt. Je ramène Nina après une dizaine de minutes, de peur que les autres finissent par passer le fil (la route n'étant vraiment pas loin). Comme j'ai repéré un coin d'herbe, je prends un sceau et le rempli d'herbe que j'arrache et leur donne. Je remet vingt litres d'eau et me pose un peu avec le livre de Mike Horn (qui m'inspire beaucoup pour écrire mes résumés). A dix-huit heure, j'attends que Noël arrive pour me déposer les carottes et l'Arnica, mais j'apprends qu'il ne sera pas là avant au moins trois quarts d'heure. Du coup, j'attache les trois filles et me mets en route. Les deux grosses d'un côté, la vieille de l'autre, je suis écartelée: D'un côté il y a Golfite qui «cours» et d'un autre, Nina et Tartine qui se traînent.

 

Je lâche tout le monde et vais mettre du foin. Les filles me snobent et vont tout au fond du paddock, à l'herbe. En les suivant, je remarque qu'elles économisent l'herbe et s'organisent pour avoir «autant» d'herbe que de foin. Je câline et masse Golfite qui vient à ma rencontre, elle se déplace sous mes doigts pour choisir où être massée et Tartine, jalouse de première catégorie, arrive. Elle repousse Golfite. Je m'en vais. Je n'aime pas ce genre de comportement et je ne veux pas avoir à culpabiliser parce que l'une à eu plus que l'autre. Je leur fait un gros bisou, allume le post et m'en vais.

 

 

25 Avril 2017 | Début de cure !

 

 

Ce matin, je suis seule. Cela me fait vraiment bizarre mais j'ai un peu de boulot. Je coupe et creuse des carottes, je mets des billes d'Arnica (six pour Golfite, cinq pour Nina), je rebouche et vais au parc. '46 est là, il me suit jusqu'au bout mais je n'ai pas franchement le temps. Quand j'arrive, les filles ronflent (comme d'habitude) et je constate qu'elles ont faim. Je donne les carottes, qu'elles avalent presque tout rond et je vais donner le foin. La nouvelle botte arrivant demain matin, je dois faire en sorte que celle-ci se termine ce soir au plus tard. Donc je charge. Elles auront la botte quasiment à volonté (autrement dit en revenant ce soir elles en auront encore, et je mettrai le reste de la botte pour la nuit). Elles viennent directement manger, je ne me suis pas attardée davantage. Comme il annonce de la pluie, j'évite de trop traîner (ma chaussure orthopédique est ouverte, donc les pansements ne sont pas protégés de la pluie éventuelle!).

 

Vers onze heure, je pars voir Rina et les ânesses. Je m'assoie dans le parc et les louloutes viennent, doucement mais sûrement. Aujourd'hui, je ne veux vraiment rien faire de spécial à part me poser. C'est Rina et Hypocras qui viennent, qui me font des bisous. Pour repousser Hypo' qui devient excessivement envahissante, je lui souffle dans les naseaux. J'ai empiré la situation. Soit je pue de la bouche, soit je sens bon, mais chaque fois que soufflais, elle approchait son naseau et inspirait profondément. Du coup, je me suis retrouvé un bon bout de temps le visage dans le nez de l'ânesse. Rina voulait que je la gratte donc elle jouait dans mes cheveux. Quand j'ai voulu partir, elles m'ont toutes suivie jusqu'au bout, me retenant pas moins d'un quart d'heure de plus avec elles. Je leur dis que je reviendrai dans la journée, caresse tout le monde très fort et rentre.

 

Alors que Teddy est en Haute-Marne chez son papa, il m'envoie une photo de deux jolis chatons absolument adorables. Mon cœur se sert quand je vois la petite écaille de Tortue, qui me fait douloureusement penser à ma Chipie. En écrivant, les larmes me montent... Je lui envoie comme message que les petits sont vraiment sublimes. Une heure après, il m'appelle et me demande lequel je veux. Évidemment je dis du tac au tac que c'est l’Écaille de Tortue qui me fait craquer. «Je le savais, donc je la prends et je la ramène à la maison. Je savais qu'elle allait te rappeler Chipie, du coup, je te l'ai promis il y a huit mois, je te prends la petite Tortue» J'ai passé une demie-heure en pleure entre la joie et la tristesse.

 

 

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Je ne retourne voir les juments qu'en fin de journée, entre deux averses. Bien que je sois heureuse qu'il pleuve (car cela signifie que l'herbe va pousser) je passe à vitesse grand V. Je redonne une carotte à chacune avec de l'Arnica pour Golfite et je redonne du foin. Elles sont venues manger directement. En faisant une caresse à chacune avant de partir je découvre un tique sous la gorge de Nina aussi grand que mon pousse!! Comment est-ce que j'ai pu le louper, comment? Je caresse Nina très fort, je m'excuse et je rentre.

 

 

26 Avril 2017 | Ou «l'Art de ne rien faire»

 

Il pleut. Depuis hier, il pleut et j'ai la vague sensation qu'à part nous embêter, la pluie ne fait rien de plus. Je vais m'occuper des juments dès huit heure du matin accompagnée de Noël, qui était là sans que je comprenne pourquoi. Je prépare l'Arnica dans le morceau de carotte, je prends un sceau et je décolle. Sur le chemin 46 est venu me voir, tout content, mais je n'avais pas le temps... C'est Golfite la première à m'accueillir et dès l'instant où je la vois, je remarque qu'elle s'appuie sur son genoux pourri. L'Arnica 9CH fait son effet. Je lui redonne donc sa dose et sa carotte, je donne les autres morceaux à Tartine et Nina et je vais m'occuper du foin. Golfite me suit de très près et marche comme jamais ! J'ai eu un doute sur sa façon d'engager et poser les postérieurs, mais elle se délie tellement bien aujourd'hui que j'en avais perdu l'habitude. Elle plie un peu mieux le genoux, donc c'est top. Je remarque (encore) que ses côtes sont finalement plutôt apparentes et que Nina, c'est pareil. A surveiller, donc. Je donne le foin et Noël se jette sur les fils : JE reçois la botte de foin ce matin donc forcément, il se sent obligé de retirer tous les fils (alors qu'un seul aurait suffit). Les juments mangent, je donne le reste du foin, je prends le sceau et vais remettre un peu d'eau dans la gamelle inox. Il ne reste qu'un fond dans la baignoire mais la gamelle (me dis-je) suffira. Je Fais donc des allers-retours avec vingt litres d'eau. Noël me regarde (je vous passe mes pensées à ce moment précis alors que j'ai un pied pourri, que je porte de l'eau gelée, qu'il pleut, que mon pied est trempé et que je glisse...). Une fois tout terminé je rentre. Comme je dois laisser le chalet et les juments à partir de ce soir, je montre à Noël où et comment nourrir les chats, comment donner le foin aux juments et puis l'eau, il connaît. Il rentre chez lui, moi je nettoie et range la maison avant de la laisser ce soir. Vers dix heure et demi, Teddy m'appelle : Julien amène la botte de foin, je dois y aller. Forcément je suis à pied, et un kilomètre pour moi, s'en est cinq pour une personne normale. Quand j'arrive Julien a déjà posé la botte sur la palette. Il me retire les ficelles, m'aide à nourrir et en discutant, j'apprends que le foin cette année, sera cher et très rare. Il n'a presque pas sorti de bêtes au champ (50/+180) et m'annonce qu'entre la pluie, le gèle et la rapide sécheresse, mes louloutes risquent, pour la première fois depuis très longtemps, de ne manger que du sec. Je suis dépitée mais je me dis qu'il se trompe peut être. Je fais le tour des tiques (RAS) et rentre.

 

 

A une heure et demi, je sors et je vois que Rina est couchée. Au-delà d'avoir passé mon temps à communiquer avec Bart qui m'a sincèrement fait comprendre que si je n'arrêtais pas de stresser pour eux, j'allais faire des conneries, je suis sortie caresser la petite rousse. Elle est restée couchée pas moins d'une demi-heure, je suis restée sous la pluie qui, une fois que je me suis complètement détendue, a cessé pour laisser place à deux beaux rayons de soleil. Je me suis sentie terriblement bien. Hypocras est venue me chatouiller le visage avec ses vibrisses et cherchait ma bouche pour que je lui souffle dans les naseaux (je crois vraiment qu'elle adore ça!!). Je grattais Rina sous le ventre, elle manquait chaque fois de se mettre sur le dos pour que je la gratte mieux mais l'averse est vite revenue, donc je me suis levée pour partir. Elle s'est mise debout et m'a suivie jusqu'au barbelé ou j'ai vraiment dû la laisser. J'ai changé les pansements, je ne voulais pas risquer d'avoir à les remplacer encore.

 

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Pendant cette belle «Semaine de vacances» passée avec les neufs loulous (Nina, Golfite, Tartine, Bart, Tiga, Lionne, Hypocras, Artifice et Rina) je repris goût à l'Art de ne rien faire. Juste passer un moment avec eux, les caresser, les observer, leur envoyer tout mon amour, les faire brouter, essayer des petits jeux sans en abuser, tenter des expériences sans réel but à part l'occupation et l'observation.... Je suis une adepte de l'Art de ne rien faire et j'ai conscience que beaucoup ne comprennent pas. Mais être propriétaire, avec des chevaux à la maison (quoi que c'est chez Teddy qu'elles sont), ça demande beaucoup d'investissement en temps, en énergie physique, en énergie morale, en stress, en émotions, puis financièrement aussi! L'Art de ne rien faire ne veux pas dire qu'on oublie notre animal dans son parc. Cela signifie qu'on cesse, un temps donné, de se considérer dominant en exigeant des choses. On cesse de faire travailler le cheval, on cesse de lui imposer notre volonté et on se met, un temps soit peu, à son niveau, à notre niveau. On arrête de se prendre pour un être supérieur et on prend le temps! On prend le temps d'observer, de comprendre, d'apprendre, d'écouter et d'aimer notre animal. Cette semaine, j'ai réalisé à quel point c'était bénéfique, à quel point, elles comme moi, avions besoin de nous retrouver et de nous écouter. Golfite restera le meilleur exemple, en vous disant que cette semaine, je n'ai pas retrouvé une jument, j'ai découvert une jument. Je n'ai jamais aussi bien connu Golfite que durant cette semaine physiquement éprouvante et émotionnellement bouleversante. Il y a cinq ans, Golfite était pour moi un démon. Elle avait les oreilles en arrière en permanence, elle me regardait en chien de faïence, elle montrait les dents. Je m'amusais parfois, inconsciemment, à la provoquer. Elle essayait de mordre. Elle représentait le diable en personne et j'ai volontairement (mais indirectement) poussé cette représentation à son extrême. J'ai longtemps pensé que Valérie et Teddy y étaient pour quelque chose, en plus de son passé misérable de jument de course. Mais finalement, je voudrais m'excuser auprès d'eux d'avoir mis ma propre responsabilité au placard en ayant engagé la-leur. Tout le monde ici, a eu un impact négatif et positif sur Golfite, mais j'ai moi-même eu un terrible impact (néfaste qui plus est) sur elle et sur notre relation. Lorsque je nous vois aujourd'hui, je me dis que j'ai sincèrement grandi.

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