#1 La relation inter-espèce : Mes juments et moi.

Relation inter-espèce

Et si finalement, on se prenait pour ce que nous ne somme pas ?

 

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Avec toutes les modes et nouveaux principes, on ne sait plus qui est quoi, on ne sait plus ce qui est bon ou pas. Cet article est le premier d'une lignée qui va partir d'une philosophie tout à fait personnelle et pas accessible à tout le monde. Je souhaite donc dire dores et déjà que ce qui écrit ici est tout à fait personnel et n'appartient qu'à moi. Libre à vous de vous faire votre propre idée et votre propre jugement sur le sujet.

 

 

Depuis quelques mois, je lis sur les réseaux sociaux (divers et variés), des articles tenant pour propos : La relation homme-cheval. Un sujet très intéressant mais pas aussi simple qu'il n'en n'a l'air. Parce qu'en lisant des points de vue différents, il n'y a que le mien que je n'ai pas vu cité. C'est donc à travers cet article que je vais vous donner mon propre point de vue, tout en réagissant à deux points de vue très populaires : Le Dominant et Le Leader.

L'Homme s'est toujours senti au-delà de toute autre espèce animale vivant sur Terre. Une pointe de spécisme qui expliquerait le pourquoi du comment, et l'idée qu'il faut forcément quelqu'un plus haut que l'autre pour pouvoir avancer dans l'harmonie. Est-ce vrai pour autant ? Quand j'ai discuté de cela avec une grande amie, sa première réaction a été de me dire, naturellement, que le cheval sans l'homme, serait mort et ne saurait pas subvenir à ces propres besoins. On peut donc voir les choses de différentes manières. D'une part, le cheval n'a jamais attendu après l'Homme pour vivre et survivre, d'autre part, le cheval captif est différent (mais avec les mêmes besoins) que le cheval sauvage. Mais dans la relation, est-ce que cela change-t-il quelque chose ? En quoi le fait de subvenir aux besoins du cheval nous rend-il supérieur ? D'après-moi, forcément, rien ne met sur un piedestal, et rien ne nous donne le droit de nous sentir au delà. Alors, comment savoir réellement ?

 

On parle de "dominant" pour l'Homme, et de "dominé" pour le cheval. Définition larousse de Dominant << Qui joue sur la prépodérance, le nombre, l'étendue ou l'influence >>. Dans le contexte, le terme de dominant (au-delà du côté aggressif du mot), est un non-sens et une très mauvaise connaissance/utilisation du mot. L'Homme ne peut être un dominant. D'abord parce qu'il n'a pas plus de droit qu'un autre animal quel qu'il soit, n'est pas plus grand intellectuellement, physiquement et psychologiquement que le cheval, est généralement seul face au cheval. Se donner un rôle de dominant reviendrait donc à se donner le droit de faire de l'animal ce que l'on en veut. D'ailleurs, il n'est pas rare de lire << Fais-lui comprendre que c'est toi le dominant, il doit obéir, t'écouter et s'executer comme tu l'as décidé >>. Très personnellement, je trouve cela infligeant. Faut-il donc dominer les chevaux pour qu'ils s'éxecutent ? Les dominer, vient donc à leur faire faire ce qui est contre-nature, contre leur gré, pour un besoin personnel et égoïste.

 

On parle ensuite de "Leader". Définition Larousse : << Personne qui, à l'intérieur d'un groupe, prend la plupart des initiatives, mène les autres membres du groupe, détient le commandement >>. Si nous étions des chevaux, bien entendu que cette définition conviendrait parfaitement. Hors, être leader d'un groupe d'une même espèce ne s'applique pas ici. Le cheval voit un leader lorsqu'il voit un autre cheval et se bat fièrement avec lui pendant des heures avant de capituler et accepter (resignation) d'être guidé. En quoi monter dessus et lui faire faire quelque chose qui est contre-nature illustre la définition d'un leader ? Pour moi, je ne vois pas. C'est un contre-sens énorme et une humanisation d'un système animalier complexe. Le cheval ne peut pas voir l'Homme ni comme un dominant (car l'Homme n'est pas un prédateur concrêt pour le cheval) ni un leader (parce que l'Homme n'est pas un cheval Etalon devant conduire 45 bestios à travers la step !).

 

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C'est au fil des années que ma réflexion s'est faite, que mon point de vue s'est formé. Chacun prend position, et c'est une bonne chose. Chaque membre, d'une même espèce ou non, se doit de trouver sa place et de la garder. Et jusque là, je pense que chacun est d'accord. Ce qui diffère avec moi, c'est que je ne me sens en aucun cas supérieure à mes juments ou à mes animaux quels qu'ils soient. J'ai fait des erreurs, j'ai parfois oublié ma définition d'une relation harmonieuse, mais mon principe est toujours resté le même et le restera toujours. Parce que d'après moi, une relation dans le respect, c'est une relation d'égal-à-égal. Autrement dit, je ne me considère pas supérieure au cheval, mais je ne considère pas le cheval supérieur à moi. Tu suis ?

 

C'est ce que j'appelle une relation inter-espèce, c'est-à-dire une relation entre plusieurs individus d'une espèce différente. C'est simple, c'est concrêt, c'est biologiquement juste et normal. Je n'invente aucun mot pour me positionner, je suis ce que je suis, ma jument est ce qu'elle est. Notre relation se fera à partir du fait que l'on est différentes, que nos besoins et envies sont complètement différents, mais je prends aussi en compte que nous sommes toutes les deux capables de penser, d'avoir des envies, d'aimer ou non, de réflechir, de comprendre. Ma relation ne se base donc pas sur un besoin personnel et égoïste puisque j'accepterai que ma jument refuse, mais je ne me considérerai pas comme un leader puisque je laisse mon cheval vivre de lui même dans un terrain avec des congénaires et je n'interviendrai que très peu dans son alimentation et ses besoins phisiologiques. Le fait de nous mettre d'égal à égal, ça part du principe que je vais écouter mon cheval, essayer de le comprendre, ne pas lui imposer des choses mais plutôt tenter de lui faire découvrir. L'amener de lui-même à chercher à découvrir. Au lieu de bourrer le mors dans la bouche de mon cheval parce que je suis l'dominant, je vais lui présenter. Nina ouvrait la bouche donc je lui mettais. Tartine beaucoup moins, donc j'ai opté pour le side-pull. Je ne suis pas dominé par le cheval dans ces cas-là (comme beaucoup le penseraient), j'écoute simplement ce que mon cheval me dit. Et bizarrement, on entre dans une bulle de respect, et tout va fonctionne plus simplement.

 

Aujourd'hui, je suis allée beaucoup plus loin. On m'appelle la bobo-radicale mais ça me va bien... Monter mes juments revient parfois à leur imposer (les envies sont parfois de dures habitudes à perdre!) et j'avais envie de m'arrêter là. Monter sur ma jument, c'est s'en servir, c'est assouvir un besoin profond d'autorité et de domination que j'apprécie en tant qu'être humain. Donc j'ai arrêté. C'est radical, mais j'ai préféré m'orienter vers de l'Equifeel, qui permet des découvertes en toute autonomie, c'est apprendre au cheval (en douceur et dans l'écoute) a user de ses capacités naturelles et s'ouvrir un peu aux choses qu'il ne connait pas forcément en étant captif. 

 

Mon avis est subjectif, je l'ai dit, et je crois qu'il convient à toute ma troupe, ce qui ne fait que renforcer ma croyance personnelle. Cela dit, chacun est ce qu'il veut, tant qu'il l'est dans le respect, la douceur et l'écoute. J'ose espérer que l'Homme s'arrêtera un jour de se croire supérieur.

 

 

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