Abolition de l'Equitation par le véganisme ? On en parle !

Img 4635

 

En étant végane, ce qui revient le plus souvent est la question suivante : "Est-ce que c'est végane l'équitation ? ". Forcément, je me suis retournée la question dans tous les sens, j'ai eu pas mal de points à aborder et je voulais vous les partager, pour les véganes, futurs-véganes ou non-véganes qui vous pouvez la question ! 

Le véganisme n'est-il pas l'abolition de l'exploitation animale ? 

Je vous préviens tout de suite, je ne suis pas là pour débattre mais juste pour vous donner mon point de vue. Le véganisme est un mode de vie que chacun adapte à sa manière, avec ses propres moyens et ses propres convictions. Evidemment, il existe de très nombreux contre-sens chez certains véganes, beaucoup d'extrêmisme chez d'autres. Je ne veux pas faire la tribune de l'un ou de l'autre ni juger les cavaliers quels qu'ils soient (en sachant que j'en fusse une et une médiocre qui plus est... mais c'est un autre débat). Et puis surtout, je ne suis pas là pour vous dire quoi faire ni quoi penser : à vous de vous faire votre opinion et de parcourir votre propre cheminement. 

 

Pour en revenir au sujet, le véganisme est effectivement un mouvement visant (sur le long terme j'entends!) à abolir toute forme d'exploitation animale qu'elle quelle soit. Bien que le terme d'exploitation soit abstrait et que chacun en tire sa propre formule, l'exploitation est, pour simplifier, l'effet qu'à l'Homme sur l'animal pour s'en servir à son profit. Le profit, qu'est-ce que c'est ? C'est quelque chose qui amène quelque chose à l'Homme et uniquement à l'Homme. Dans le cadre d'exemple, on va exploiter les lions pour divertir l'être humain, le faire rire, l'amuser, l'exciter. Cela profite évidemment uniquement à l'être humain... [Je précise que l'exploitation peut être humaine mais là encore elle profite à l'humain. Pour exemple je citerai les enfants exploités très jeunes pour travailler dans les mines et ramener du charbon, réduisant leur longévité à une dizaine d'années de vie seulement].

 

La question étant : L'équitation est-il un sport/une activité exploitant le cheval ? 

Evidemment. Oui, la réponse est abrupte mais (bien que pour se défendre certains diront le contraire) c'est une réalité. L'idée dans le monde équestre est d'utiliser le cheval à des fins tout à fait personnelles, qu'elles soient éthiques ou non pour l'animal. Autrement dit, que l'équitation soit Parelli ou de Tradition Française, l'idée est la même : le cheval est utilisé pour supporter le cavalier et ses désirs. La question m'est vraiment venue en devenant végane. Je suis contre l'exploitation animale et je monte à cheval, j'utilise le cheval pour assouvir un désir personnel, il me montre qu'il refuse et je le reprimande car il doit m'obéir (l'idéologie du cavalier dominant et du cheval soumis, vous connaissez surement !). Mais malgré tout une question subsiste chez les véganes-cavaliers car il existe plusieurs équitations, qui va de la plus "dure" à la plus "naturelle". Est-ce que les équitations changent quelque chose ? 

 

Certains véganes vous diront que non, aucune équitation n'est acceptable, que posséder un cheval est immoral et que lui monter dessus ou le travailler à pied est une abomination. Ces véganes-là sont absolutistes, c'est-à-dire qu'ils ne tolèrent strictement rien. Mais n'y a -t-il pas une demie-mesure ? D'après beaucoup de véganes, dont moi, oui il existe une demie-mesure. L'Equitation Traditionnelle Française ne répond en rien aux besoins fondamentaux des chevaux. Végane ou non, vous savez que depuis longtemps je me "bats" contre le box, le ferrage, le mors et les enrênements. Tout ce qu'apprécie l'ETF. Mais les équitations altérnatives basées sur le comportement, l'environnement naturel et le respect des besoins fondamentaux peuvent être tolérées. En tout cas d'après-moi. A partir du moment où le cheval ne sert pas juste à gagner, ne sert PAS juste à travailler ou 0 assouvir un besoin humain, alors il est un peu plus éthique de pratiquer "l'équitation". (Il ne faut tout de même pas oublier que l'équitation, comme dit plus haut, est une forme d'exploitation. Certains diront que l'exploitation heureuse n'existe pas et que si on parle de "c'est mieux que..." on s'en sortira jamais. D'autres sont véganes cavaliers et le vivent très bien ! Il en faut pour tout le monde.)

Img 3428

Comment j'ai choisi d'évoluer et comment j'évoluerai ensuite, en tant que végane ? 

C'est une question qui me revient souvent. Il faut savoir que je n'ai pas attendu d'être végane pour abolir l'équitation telle qu'elle est enseignée de ma vie. Il y a bien longtemps que le mors prend la poussière, les fers n'ont jamais existés en ma présence, le box tellement peu, les enrênements absolument jamais vu chez moi, tourner en rond des heures dans une carrière était déjà hors de question quand j'ai rencontré Nina et Golfite en 2012... J'ai évolué d'un esprit club (2010-2012) à un esprit de plus en plus naturel, respectueux et à l'écoute de mes chevaux (2012-2016). Les idées ont mis leur temps pour germer mais elles ont laissé place à de jolies fleurs. D'aussi loin que je me souvienne, je n'ai jamais toléré les box, la nourriture graminée trois fois par jour, les fers et les enrênements. En étant en club, j'y suis forcément passée sans pour autant apprécier. En 2012 j'ai découvert les balades et plus jamais après je n'ai compris l'idée de tourner en rond dans un bac à sable. Ce n'était pas notre truc, nous c'était la nature. Peu à peu j'ai apprécié rester à pied, j'ai retiré le mors, je me suis intéressée aux besoins fondamentaux des chevaux. Tout ça avant de devenir végane ! 

 

Le véganisme, du coup, m'a finalement apporté peu de choses si ce n'est des questions. Fallait-il que je reste à pied à jamais ou est-ce que je pourrai quand même, de temps en temps rien qu'en balade, en side-pull, a cru, me mettre à cheval ? Beaucoup de véganes (tous très différents!) m'ont répondu (des réponses toutes très différentes). J'ai eu droit  l'idée qu'il était interdit et immoral de monter sur un cheval, j'ai eu droit à la réponse très insultante d'exploitante et de maltraitante et puis j'ai eu droit aux véganes compatissants qui m'ont dit qu'un jour, de moi-même, je saurai prendre la décision qui conviendra mon cheval. 

 

Voilà maintenant 10 mois que je suis végane et les choses se sont imposées d'elles-mêmes. Mon pied pourri qui ne me permettait plus de monter à cheval, puis l'opération qui m'a arrêtée plus de deux mois et qui m'interdit de monter à cheval pendant encore trois mois et enfin le projet de faire des randonnées/bivouacs pédestres "sauvages" avec les juments. Depuis bien plus de trois mois maintenant, je suis à pied, j'aime être à pied, ma prédilection est l'équifeel et la balade. Ma jument est bien mieux à pied en libertée que montée... Pourquoi est-ce que je changerais cela ? 

 

 

Img 5855

 

Le véganisme tel que je le vis n'est en rien une concession pour moi. Je fais ce qui me plait dans le respect de chacun en commençant par moi-même. Je ne me refuse rien, je n'ai aucune privation et je ne cesse de me faire plaisir quand les occasions se présentent. Tout ça, sans exploiter d'animaux. Pourtant, je suis propriétaire de trois juments dont une qui était aux service des courses, une qui était reproductrice et qui n'aurait servit qu'à ça et l'autre qui s'est imposée d'elle-même pour avoir, peut être, une meilleure vie. Si je blâme certaines formes d'équitation, ce n'est pas parce que je suis végane mais parce que la souffrance équestre me désole et me met en colère. Cependant, l'abolition de l'équitation n'est pas envisageable pour moi. Si ma jument m'accepte sur son dos et si je fais les choses correctement, dans un commun accord, il n'est d'après-moi pas malsain de monter à cheval et de partager un moment privilégier avec sa monture. 

 

L'équitation n'est d'ailleurs pas une forme de Spécisme. L'équitation ne rabaisse pas le cheval. Cependant effectivement, certaines philosophies équestres (tel que Parelli ou la Cense pour ne citer qu'eux) considèrent que le cheval doit se soumettre à l'Homme car l'Homme est un dominant. Notre société entière est basée sur cette forme de spécisme et le monde équestre aujourd'hui commence à évoluer pou faire une égalité des besoins et des droits entre le cavalier et le cheval. L'équitation est comme le véganisme : il existe autant de définitions, de formes de pratiques et de philosophies que de cavaliers. 

 

 

17797548 158240671366121 515526820 o 1

Cheval équitation débat vegan être végane végane

Commentaires (2)

Yves KATZ
Il est ridicule d'associer L'ETF au box, au mors, au fer.... Il ne faut pas la confondre avec l'équitation sportive et de compétition telle que pratiquée aujourd'hui. Relisez vos classiques et les principes qui la constituent. Et si le veganisme est de refuser toute exploitationdu cheval, le simple fait de faire faire quelque chose à votre cheval est contraire aux principes vegans. Le naturel d'un cheval est de vivre en troupeau, dans des zones de pâture sans limites ! Le fait que vous pensiez qu'il est d'accord pour vous accompagner dans votre balade est de votre interprétation !
rose-arcenciel
  • 2. rose-arcenciel (site web) | 07/06/2017
Monsieur Katz, merci d'abord de votre retour sur mon article. J'associe tout naturellement l'ETF avec le box, le mors et le fer, étant donné que dans les grandes institutions (cadre noir, garde Républicaine) comme dans les petites (club d'équitation classique), les chevaux sont très rarement et peu de temps hors des box, nourris aux granulés, ferrés la plupart du temps et montés en mors. Dire le contraire est se mentir à soit même (pour avoir vu la garde républicaine et leurs magnifiques et riches installations et le cadre noir représenter...).

pour le véganisme, le simple fait de posséder un animal est une forme d'exploitation si l'on va a l'extrême. Mes juments étant en liberté en balade, je doute beaucoup qu'elles me suivent en dehors de leur parc en s'y sentant obligées. Un animal n'est pas fait pour travailler mais pour pouvoir vivre dans un environnement qui lui est naturel (pâtures, forêt, points d'eau etc...) et c'est ce que j'essaie au maximum de leur offrir sans leur imposer de volonté particulière. Simplement qu'elles restent près de moi à l'arrivée d'une route ou d'un chemin fréquenté ou alors en présence d'enfant.

Ajouter un commentaire